Balie fatak, balie koko, balie timil, le balai sous toutes ses coutures

Le balai est un objet bien connu de tous qui occupe une place de choix dans la culture populaire mauricienne… connaissez-vous les nombreuses croyances qui entourent cet objet usuel ?

Balye koko, balye fatak, balye timil, … il existe de nombreuses sortes de balais. Si certains ne les utilisent que pour nettoyer leur maison ou leur jardin, d’autres en ont un usage tout autre…

En effet, dans certaines maisons mauriciennes on place le balai de sorte à bloquer la porte d’entrée après le coucher du soleil. La nuit tombée les esprits rodent et il faut protéger la maison de l’incursion de mauvais esprits en maraude. S’il y a un nouveau-né dans la maison, on placera le balai en travers de la porte de sa chambre à coucher, les bébés étant plus particulièrement vulnérables aux attaques des « movezer » (mauvais air).

On dit aussi de ne jamais balayer les pieds d’une personne car elle court le risque de ne pas se marier.  Ou encore de ne jamais, au grand jamais, passer le balai à quelqu’un de main en main. Cela risquerait de créer des conflits avec cette personne. Quelle surprise la première fois lorsqu’un ami m’a jeté le balai par terre au lieu de me le passer !

Car finalement le balai est un objet très personnel. Il participe à notre vie tous les jours et entre ses brindilles se retrouvent des miettes de notre vie.

C’est pour cela qu’on ne peut pas se débarrasser si facilement de son vieux balai qui fann – perd – toutes ses brindilles. Il faudra d’abord le dépailler avant de le jeter à la poubelle pour que personne ne le récupère. Car ce balai, objet qui est comme un prolongement de soi, recèle un grand pouvoir.

Nos cheveux, ongles et autres choses ramassés par le balai et gardés à l’abri de ses lapay pourraient être utilisés par des personnes mal intentionnées pour nous lancer un sort.

Donc, gardez bien votre balai pour vous, c’est un objet qui ne se prête pas !