Monsieur Kwok, une vie de papier

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Dans China Town, une visite surprenante

Monsieur Kwok est un magicien. Sous ses doigts, le papier prend vie et se transforme. Tantôt avion, tantôt maison, ou encore arrosoir. Avec de la colle de riz, des armatures faites de bambous, et du papier ordinaire. C’est un voyage extraordinaire auquel il nous convie.

Monsieur Kwok crée des objets de papier remarquables qui seront utilisés lors des rites funéraires chinois. Une rencontre de pur hasard, comme on les aime. On était là, au bon endroit, au bon moment, et il nous ouvre son album de photos jaunies. C’est sa vie qui s’anime devant nos yeux, une vie d’artiste, une vie de magicien.

Dans China Town, il fut un temps où cette tradition funéraire était encore populaire. On fabriquait à la main les objets dont auraient besoin les défunts dans leur vie de l’au-delà. Aujourd’hui, on les achète dans les grands magasins qui vendent de tout, nichés un peu partout dans les rues de China Town. Quand vous visitez le quartier, vous ne pouvez pas les manquer. Ces objets de papier sont maintenant fabriqués à l’usine, dans un quartier industriel quelque part en Chine, moins chers, et plus parfaits.

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Mais dans la vie d’avant, Monsieur Kwok était l’un des maîtres de cette technique à Maurice.

Il avait 19 ans quand il quitte le pays Hakka, en Chine pour venir s’installer ici. Il a appris le métier de son père, qui lui-même a appris de son père avant lui. Par passion, à son tour, il s’est mis à fabriquer des objets en papier.

Ces objets sont ceux qu’aimait particulièrement le mort et dont il aura besoin dans l’au-delà : stéréo, sofa, voiture avec chauffeur, valises … ou même des arrosoirs, et les plus que nécessaires armoires à trois battants ! Comme dans la comptine enfantine : « Sa maison est en carton, Pirouette cacahuète, Sa maison est en carton, Les escaliers sont en papier, Les escaliers sont en papier… »

Fabriquer une voiture en papier lui prenait une journée. Ces objets étaient une marque d’affection des vivants envers le défunt. Ils marquaient l’amour et l’attention qu’ils lui portaient en veillant à ce qu’il ne manque de rien dans la vie de l’au-delà.

Ne pensez pas que c’étaient des maisons de poupées ! Les maisons qu’il fabriquait étaient à échelle humaine, on pouvait même y entrer ! Il fallait un camion pour les transporter. Aussi, il lui arrivait de créer des personnages, des hommes ou des femmes, pour servir le défunt et s’assurer ainsi de son confort éternel.

Aujourd’hui, Monsieur Kwok a 89 ans. 

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