Les dessous de la cuisine mauricienne : Oui, on adore manger des racines !

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Les mystérieuses racines, incontournables de la cuisine mauricienne

 

Lorsque nous flânons dans les marchés de Port-Louis, et d’ailleurs – nous ne savons vraiment pas où donner de la tête ! Senteurs familières des herbes fraîches et mouillées. Chaleur des couleurs vives des fruits et légumes. Cris à tue-tête des vendeurs. Les marchés sont un haut-lieu de la cuisine mauricienne !

Au milieu de ce chaos organisé, nous voyons toujours des pyramides de grosses racines biscornues. Posées les unes sur les autres dans un équilibre précaire, différentes racines sont amoncelées, leurs belles nuances de marron tirant sur le rose et saupoudrées de terre.

Nous connaissons bien sûr les classiques carottes, betteraves, pommes de terre et autres gingembre, mais qu’en est-il des autres? Celles qu’on a du mal à reconnaître?  Creusons un petit peu (excusez le jeu de mot facile) et explorons le monde de ces mystérieuses racines aux vertus surprenantes.

La patate chinoise

Cette racine d’origine mexicaine, communément appelé Jicama en français et en anglais, elle peut se consommer crue en enlevant la peau tout simplement. Elle est fortement recommandée aux diabétiques car elle aide à réguler la glycémie. En plus d’être extrêmement rafraîchissante, elle contient aussi des fibres, ce qui la rend très bénéfique pour le colon ; prévenant ainsi la gastrite et les ulcères. Si vous consommez des patates chinoises régulièrement, vous aurez aussi moins de risques d’avoir un rhume car elles sont aussi très riches en vitamine C. Il paraîtrait même qu’elles retardent le vieillissement ! Bref c’est la racine miracle !

Dans notre cuisine, idéale en salade avec des oignons, un peu de jus de citron et quelques herbes. A Maurice dans la rue, la patate chinoise est souvent dégustée « confite » dans du vinaigre aux côtés des mangues, ananas et autres fruits confits.

Le manioc à la manière mauricienne

Il contient des protéines, des vitamines A et C, du fer, du magnésium, du calcium, du potassium… le manioc est sans aucun doute un allié de choix pour la santé. Il est notamment efficace pour lutter contre les maux d’estomac : brûlure, diarrhée, ulcère, et aussi pour réguler le rythme cardiaque et la pression artérielle. Le manioc est un aliment de base dans la cuisine brésilienne et dans plusieurs pays d’Afrique.

A Maurice dans notre cuisine locale, nous les mangeons en galettes sucrées,  ou en « kat-kat » manioc, où nous les mangeons bouillis avec un peu de beurre.

Le manioc est aussi, selon ma grand-mère, un remède miracle contre la conjonctivite. Voici le secret : râpez la racine et versez des gouttes du jus extrait sur les yeux.

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L’arouille, incontournable de la cuisine à Maurice

Certainement d’origine indienne, il est aujourd’hui cultivé et consommé principalement en Afrique. L’arouille ou taro, contient des amidons, des protéines et des lipides. Ses propriétés anti-oxydantes, coupe-faim et anti-anémiques en font un aliment très prisé par les sportifs. Il les aide à lutter efficacement contre la fatigue.

Il en existe deux types à Maurice. Les arouilles blancs sont plus petits en taille et sont ajoutés aux caris. Les arouilles violettes (avec des paillettes mauves à l’intérieur) sont les racines du brèdes songe (et oui !). Ils sont cuisinés de diverses manières : râpés puis frits en forme de petites boules (gateaux arouille) ou bouillis, ou grillés et aussi en soupe. Bref, on peut les cuisiner comme on veut !

La patate douce, la plus sucrée de nos racines

Originaire du Mexique, la consommation de la patate douce serait excellente pour le bon fonctionnement du cœur et du foie, et contre le diabète car elle aide à contrôler le taux de glycémie. Son apport en vitamines A et B6 booste le système immunitaire ainsi que la mémoire ! Il est recommandé pour – et aimé par – les bébés qui adorent son délicieux goût légèrement sucré.

La patate douce se cuisine plus ou moins comme la pomme de terre : bouillie, frite, en purée ou sautée. Elle constitue aussi la base d’un célèbre dessert mauricien : les gâteaux patate.

Le safran vert

Last but not least, celui qui ne cesse de nous étonner : le safran vert, appelé aussi curcuma ou haldi en Hindi ! Bizarrerie des noms, le safran vert est orange vif.

Mis à part dans la cuisine où il peut être utilisé comme conservateur, il a aussi des bienfaits dermatologiques non-négligeables ; appliqué sur la peau, il cicatrise les hématomes et ralentit le vieillissement de la peau. Infusé dans de l’eau ou dans du lait, il a des vertus digestives et apaisantes, notamment pour guérir les brûlures de gorge et la toux, et il agit positivement sur le système immunitaire.

En cuisine, il se marie bien avec d’autres épices, notamment pour les plats en sauce. Autant dire que cet aliment miracle est tout aussi bon pour le corps, l’esprit et les papilles !

C’est aussi un excellent colorant pour le tissu, le papier et les cheveux !

Les racines, un atout de notre cuisine

La plupart de ces racines bienfaitrices sont disponibles à travers l’île pendant toute l’année, à l’exception des patates chinoises qui poussent surtout en été. Outre leurs vertus respectives, elles ont toutes un point commun : elles sont idéales pour les régimes amaigrissants car elles sont toutes faibles en matière grasse et en cholestérol. Pour ceux qui font attention à leur ligne, pensez à en inclure quelques-unes dans votre alimentation. La prochaine fois que vous allez au bazar, approchez-vous de la pyramide !

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