Le métier de typographe – Episode 2/2

pour ceux qui ont raté le début de l’histoire, c’est ici…

Les nombreuses étapes du travail du typographe

Cadress commence en faisant une maquette. Il place les caractères dans le composteur, en mettant une à une les lettres et la ponctuation à l’envers – la fameuse écriture en miroir. Il place chaque ligne terminée sur une galée ou plateau. Quand toutes les lignes sont prêtes (incluant les lignes d’espace vide) il noue solidement une ficelle autour de la maquette pour que les caractères tiennent bien en place.

A ses pieds, il y a un touk dans lequel il jette les caractères qui sont trop usés. Ils seront fondus et remoulés. Le « A » deviendra peut-être ainsi un « z » dans sa prochaine vie. Comme un cycle infini de réincarnation des caractères.

Cadress nous montre sa bibliothèque à maquette. C’est le lieu où il garde les maquettes qui serviront souvent ou qui ont pris de nombreux jours à composer. L’une d’entre elles a pris trois jours pour être prête à être imprimée!

Une fois la maquette prête, commence la prochaine étape. L’ouvrier la place sur un châssis, elle est fermement vissée. C’est ce châssis qui sera placé sur la presse. Le papier choisi par le client est quant à lui coupé à la bonne taille avec une guillotine (!).

La presse, cette machine impressionnante, une Heidelberg, a fait un long voyage depuis l’Allemagne pour arriver sur nos côtes. C’est le père de Monsieur Rungen qui l’a fait venir. On badigeonne ensuite le rouleau d’encre rouge, bleue, noire, orange ou dorée et on place le châssis et le papier. Ça y est, tout est prêt pour imprimer le papier…

A my Moris, on a tellement aimé l’ambiance qui règne dans cet atelier et la générosité de ces artisans que nous avons décidé d’imprimer toutes nos cartes de visites, nos carnets de reçus et nos autres documents à City Press.

On aime ce temps passé (d’autres diront « gaspillé ») à chaque étape, ces caractères que l’on pose un à un, ces espaces que l’on crée à la main. Ce jour là dans la machine il y avait beaucoup d’encre fraîche, plus assez d’encre, le papier a bougé de quelques millimètres, le caractère s’est un peu usé…

Et le résultat est extraordinaire car chacune de nos cartes de visite est différente.

C’est cette imperfection, ce caractère unique, qui les rend si belles à nos yeux.